Conversation :
Aurore : Vous avez deja goute la cuisine francaise ?
Keiko (ma coiffeuse) : Oui, j'en ai mange quand j'etais a Paris ^^
Aurore : Ah ? Vous avez mange quoi ?
Keiko : De la pizza ^^
Aurore : ...
mercredi 23 mars 2005
jeudi 17 mars 2005
Mô hantoshi desu – bilan
Six mois passés au Japon, il est temps de voir où nous en sommes, ce qui a changé et ce qui est pareil.
Ce qui a changé : les cheveux ont poussé, ma collection de pingouins s'est enrichie, j'ai acheté plein de livres, surtout en anglais et japonais (maintenant il faut que je les lise...).
Ce qui est pareil : je suis toujours de mauvaise humeur quand le réveil sonne, je dors toujours en classe (j'espère un changement au semestre prochain), je sais toujours pas faire à manger. Même pas un œuf au plat.
Trêve de plaisanteries et passons aux choses sérieuses. Comment je me sens ? A vrai dire, bizarre. D'un côté, je me suis tellement faite à ma vie Kyotoite que je n'envisage de quitter cette ville qu'avec beaucoup de regrets (j'en fais des cauchemars la nuit, dans lesquels je suis rentrée en France et je pleure en pensant à ma chambre à Kaikan). D'autre part, tous mes amis et ma famille me manquent beaucoup plus que je ne l'aurais imaginé. Je suis prise de pulsions de passage de coups de fil intempestifs de plusieurs heures afin d'entendre la voix des êtres chers, et les entendre me raconter leur vie. Je modère en essayant un usage abusif du papier à lettre qui ne donne pas grand-chose pour le moment.
Et puis je me sens minable, à cause de mon anglais tout d'abord, qui fait vraiment pitié (je passe mon temps à faire répéter, je perds mes mots, c'est dramatique). Et ensuite à cause de mon japonais, encore pire, qui fait qu'au bout de six mois passé ici je ne suis même pas fichue de comprendre quand on m'explique que ma bourse arrivera en retard, ou quand on me détaille l'explication de pourquoi le micro-ondes ne marche plus (cela dit, j'ai quand même compris cette dernière : il ne faut pas faire fonctionner les deux micro-ondes en même temps). Et quand je veux répondre, je ne trouve pas mes mots. Ou alors je confonds.
Donc autant le dire franchement, ce séjour n'est en rien bénéfique à ma confiance en moi.
Concernant les relations humaines, c'est très étrange. Tout d'abord, de nature plutôt asociale, je n'avais aucune intention de me faire des amis, je n'étais pas là pour ça. Et pourtant je me retrouve maintenant avec des gens que je n'ai aucune envie de quitter, et quand nous en parlons c'est avec beaucoup de tristesse. Reste l'espoir que les liens réussiront l'épreuve de la distance. Ensuite, je promets que je suis partie au Japon sans aucun préjugé sur aucune nation que ce soit, sauf peut-être les américains. Et bien, il est temps de rétablir la vérité : les Chinois sont des paysans, qui n'ont pas la notion de propreté (la grosse mèche de cheveux dans la douche, les falques d'huile à côté des cuisinières, bww !!). Les Thaïs ne sont guère mieux : ils ne font pas la vaisselle. Une de mes voisines ne lave jamais sa poêle à frire (beurk). Concernant les autres peuplades d'Asie, et bien... Je ne voudrais pas être injuste envers le Bengladesh, dans la mesure où je ne côtoie qu'un seul de ses représentants. Je me bornerai donc à dire qu'il fait un très mauvais ambassadeur pour son pays. Il est dégoûtant. Pour vous donner une idée, sa façon de saluer consiste à lâcher un énorme rot sonore et vibrant. Sympathique... Et concernant les occidentaux, ce sont des gros consommateurs de bières (mais vous le saviez déjà). Bien sûr j'oubliais les indigènes, qui sont égaux à eux-mêmes. C'est-à-dire intrigués par des étrangers. Mais très serviables : je n'ai encore jamais essuyé de rebuffade en demandant mon chemin ou un renseignement, et bizarrement la plupart d'entre eux me répondent en japonais.
Sinon une chose n'a pas changé : je stresse. Terriblement. En ce moment, mon angoisse concerne ma vie active (en d'autres termes, il va falloir retrouver du travail), mon logement (il va falloir trouver un appart), et la fac (il va falloir la payer, avec quoi ? je n'ai pas travaillé cette année). C'est pas gagné.
En plus du paiement de mes droits d'inscription, une autre chose me chiffonne pour l'année à venir : que faire ? Je veux dire, je sais que je vais faire du japonais (99% de chances...), mais et après ? Je n'ai toujours pas défini mon domaine d'études, et il serait grand temps. Les professeurs de Lyon 3 me disent que j'en déciderai l'an prochain, mais je ne suis pas sûre que ce soit si simple : où trouverai-je du matériel ?
Au début je pensais que le plus simple serait d'aller faire de la grammaire ailleurs, mais Lyon 3 n'a pas l'air décidée à me laisser partir. Pas que je sois si brillante qu'ils ne peuvent se passer de mon prestige, mais enfin je suis quand même une contribution financière indéniable : le nombre d'élèves dans une section augmente d'autant les crédits alloués. Donc chacun me vend sa marchandise. On me fait toutefois remarquer avec justesse que beaucoup d'auteurs japonaises attendent un commentaire. Mais la littérature présente deux inconvénients majeurs : le premier est qu'il faut lire l'œuvre intégrale de l'auteur (il y en a qui sont très prolifiques), ainsi que parvenir à une connaissance impeccable des tenants et aboutissants de son œuvre (à savoir contexte littéraire (logique), historique, social...). Le deuxième, c'est qu'il faut lire l'œuvre intégrale... en japonais. Quand je vois le temps qu'il me faut pour déchiffrer trois pages de "La Petite Princesse" en japonais, je me dis que c'est pas gagné non plus. Donc, je ne sais pas quoi faire de mes études, si ce n'est que je rêve toujours de rejoindre l'équipe de recherche de Lyon 3. La question est : pour chercher quoi ?
Enfin, le détail le plus amusant pour vous : mon français a beaucoup souffert de ce voyage à l'étranger. Tout d'abord je ne connais plus l'orthographe (merci au correcteur de Word), ensuite je mélange les trois langues en permanence (français anglais japonais). Ce qui donne :
Aurore : C'est un problème de translation.
Stéphane : Non, en français on dit "traduction".
Aurore : … Ah oui, zut !
J'en connais qui vont bien se marrer à mon retour...
Ce qui a changé : les cheveux ont poussé, ma collection de pingouins s'est enrichie, j'ai acheté plein de livres, surtout en anglais et japonais (maintenant il faut que je les lise...).
Ce qui est pareil : je suis toujours de mauvaise humeur quand le réveil sonne, je dors toujours en classe (j'espère un changement au semestre prochain), je sais toujours pas faire à manger. Même pas un œuf au plat.
Trêve de plaisanteries et passons aux choses sérieuses. Comment je me sens ? A vrai dire, bizarre. D'un côté, je me suis tellement faite à ma vie Kyotoite que je n'envisage de quitter cette ville qu'avec beaucoup de regrets (j'en fais des cauchemars la nuit, dans lesquels je suis rentrée en France et je pleure en pensant à ma chambre à Kaikan). D'autre part, tous mes amis et ma famille me manquent beaucoup plus que je ne l'aurais imaginé. Je suis prise de pulsions de passage de coups de fil intempestifs de plusieurs heures afin d'entendre la voix des êtres chers, et les entendre me raconter leur vie. Je modère en essayant un usage abusif du papier à lettre qui ne donne pas grand-chose pour le moment.
Et puis je me sens minable, à cause de mon anglais tout d'abord, qui fait vraiment pitié (je passe mon temps à faire répéter, je perds mes mots, c'est dramatique). Et ensuite à cause de mon japonais, encore pire, qui fait qu'au bout de six mois passé ici je ne suis même pas fichue de comprendre quand on m'explique que ma bourse arrivera en retard, ou quand on me détaille l'explication de pourquoi le micro-ondes ne marche plus (cela dit, j'ai quand même compris cette dernière : il ne faut pas faire fonctionner les deux micro-ondes en même temps). Et quand je veux répondre, je ne trouve pas mes mots. Ou alors je confonds.
Donc autant le dire franchement, ce séjour n'est en rien bénéfique à ma confiance en moi.
Concernant les relations humaines, c'est très étrange. Tout d'abord, de nature plutôt asociale, je n'avais aucune intention de me faire des amis, je n'étais pas là pour ça. Et pourtant je me retrouve maintenant avec des gens que je n'ai aucune envie de quitter, et quand nous en parlons c'est avec beaucoup de tristesse. Reste l'espoir que les liens réussiront l'épreuve de la distance. Ensuite, je promets que je suis partie au Japon sans aucun préjugé sur aucune nation que ce soit, sauf peut-être les américains. Et bien, il est temps de rétablir la vérité : les Chinois sont des paysans, qui n'ont pas la notion de propreté (la grosse mèche de cheveux dans la douche, les falques d'huile à côté des cuisinières, bww !!). Les Thaïs ne sont guère mieux : ils ne font pas la vaisselle. Une de mes voisines ne lave jamais sa poêle à frire (beurk). Concernant les autres peuplades d'Asie, et bien... Je ne voudrais pas être injuste envers le Bengladesh, dans la mesure où je ne côtoie qu'un seul de ses représentants. Je me bornerai donc à dire qu'il fait un très mauvais ambassadeur pour son pays. Il est dégoûtant. Pour vous donner une idée, sa façon de saluer consiste à lâcher un énorme rot sonore et vibrant. Sympathique... Et concernant les occidentaux, ce sont des gros consommateurs de bières (mais vous le saviez déjà). Bien sûr j'oubliais les indigènes, qui sont égaux à eux-mêmes. C'est-à-dire intrigués par des étrangers. Mais très serviables : je n'ai encore jamais essuyé de rebuffade en demandant mon chemin ou un renseignement, et bizarrement la plupart d'entre eux me répondent en japonais.
Sinon une chose n'a pas changé : je stresse. Terriblement. En ce moment, mon angoisse concerne ma vie active (en d'autres termes, il va falloir retrouver du travail), mon logement (il va falloir trouver un appart), et la fac (il va falloir la payer, avec quoi ? je n'ai pas travaillé cette année). C'est pas gagné.
En plus du paiement de mes droits d'inscription, une autre chose me chiffonne pour l'année à venir : que faire ? Je veux dire, je sais que je vais faire du japonais (99% de chances...), mais et après ? Je n'ai toujours pas défini mon domaine d'études, et il serait grand temps. Les professeurs de Lyon 3 me disent que j'en déciderai l'an prochain, mais je ne suis pas sûre que ce soit si simple : où trouverai-je du matériel ?
Au début je pensais que le plus simple serait d'aller faire de la grammaire ailleurs, mais Lyon 3 n'a pas l'air décidée à me laisser partir. Pas que je sois si brillante qu'ils ne peuvent se passer de mon prestige, mais enfin je suis quand même une contribution financière indéniable : le nombre d'élèves dans une section augmente d'autant les crédits alloués. Donc chacun me vend sa marchandise. On me fait toutefois remarquer avec justesse que beaucoup d'auteurs japonaises attendent un commentaire. Mais la littérature présente deux inconvénients majeurs : le premier est qu'il faut lire l'œuvre intégrale de l'auteur (il y en a qui sont très prolifiques), ainsi que parvenir à une connaissance impeccable des tenants et aboutissants de son œuvre (à savoir contexte littéraire (logique), historique, social...). Le deuxième, c'est qu'il faut lire l'œuvre intégrale... en japonais. Quand je vois le temps qu'il me faut pour déchiffrer trois pages de "La Petite Princesse" en japonais, je me dis que c'est pas gagné non plus. Donc, je ne sais pas quoi faire de mes études, si ce n'est que je rêve toujours de rejoindre l'équipe de recherche de Lyon 3. La question est : pour chercher quoi ?
Enfin, le détail le plus amusant pour vous : mon français a beaucoup souffert de ce voyage à l'étranger. Tout d'abord je ne connais plus l'orthographe (merci au correcteur de Word), ensuite je mélange les trois langues en permanence (français anglais japonais). Ce qui donne :
Aurore : C'est un problème de translation.
Stéphane : Non, en français on dit "traduction".
Aurore : … Ah oui, zut !
J'en connais qui vont bien se marrer à mon retour...
Catégorie :
Japon
lundi 14 mars 2005
Le Pavillon d'Or Deux – Le Retour
A la demande générale, voici donc une petit présentation du Pavillon d'Or.
Le Pavillon d'Or (en japonais Kinkaku) n'est qu'un élément du temple Rokuon-ji (temple du parc des cerfs). Le bâtiment du temple est construit en 1220 pour le commandant du shogun, Kintsune Saionji, à qui il sert de résidence.
En 1394, le 3ème shogun Ashikaga, Yoshimitsu, abdique et se retire dans cette propriété afin d'y mener une vie religieuse plus paisible. Trois ans plus tard, il entreprend de rénover cette propriété, et fait construire le fameux pavillon d'or, qui tient son nom de l'or dont il est couvert (48kg). Chaque étage est construit selon un style architectural différent (Heian, Kamakura, Muromachi) ; il est surmonté d'un phénix d'or, et contient de nombreuses statues représentant le panthéon bouddhiste. Le bâtiment se reflète dans "l'étang miroir" (Kyoko chi).
A la mort de Yoshimitsu, en 1408, ce domaine devient un temple bouddhiste, dont tous les bâtiments de l'époque ont été détruits, mis à part le pavillon d'or, qui fut toutefois reconstruit à plusieurs reprises (les japonais n'ont pas d'attachements aux "vieilles pierres" comme les occidentaux : lorsqu'un monument tombe en ruine, ils le reconstruisent).
Sa dernière reconstruction date de 1955, après qu'un jeune moine bouddhiste l'a brûlé le 2 juillet 1950. L'écrivain Mishima se servit de ce fait divers pour rédiger son roman "Le Pavillon d'Or".Enfin, le temple Rokuon fut inscrit au patrimoine mondial de l'humanité en 1994.
Le Pavillon d'Or (en japonais Kinkaku) n'est qu'un élément du temple Rokuon-ji (temple du parc des cerfs). Le bâtiment du temple est construit en 1220 pour le commandant du shogun, Kintsune Saionji, à qui il sert de résidence.
En 1394, le 3ème shogun Ashikaga, Yoshimitsu, abdique et se retire dans cette propriété afin d'y mener une vie religieuse plus paisible. Trois ans plus tard, il entreprend de rénover cette propriété, et fait construire le fameux pavillon d'or, qui tient son nom de l'or dont il est couvert (48kg). Chaque étage est construit selon un style architectural différent (Heian, Kamakura, Muromachi) ; il est surmonté d'un phénix d'or, et contient de nombreuses statues représentant le panthéon bouddhiste. Le bâtiment se reflète dans "l'étang miroir" (Kyoko chi).
A la mort de Yoshimitsu, en 1408, ce domaine devient un temple bouddhiste, dont tous les bâtiments de l'époque ont été détruits, mis à part le pavillon d'or, qui fut toutefois reconstruit à plusieurs reprises (les japonais n'ont pas d'attachements aux "vieilles pierres" comme les occidentaux : lorsqu'un monument tombe en ruine, ils le reconstruisent).
Sa dernière reconstruction date de 1955, après qu'un jeune moine bouddhiste l'a brûlé le 2 juillet 1950. L'écrivain Mishima se servit de ce fait divers pour rédiger son roman "Le Pavillon d'Or".Enfin, le temple Rokuon fut inscrit au patrimoine mondial de l'humanité en 1994.
Catégorie :
Japon
jeudi 3 mars 2005
Baito
J'ai trouve du travail ^^ Enfin, c'est plutot lui qui m'a trouve ^_^ La fac de droit doit epuiser ses credits pour le present semestre, et ils ont pleeeeeeeeiiins de documents audio et video en francais juridique qu'ils desirent faire transcrire. Et rendre comprehensible, en francais toujours. Meme pas besoin de savoir parler le japonais, si bien que notre employeur, professeur a la faculte, specialiste en criminologie et amoureux de la France, croyait que nous ne savions pas parler la langue ^^; Ce charmant homme nous a d'ailleurs emmene dans un tres bon restaurant francais, meme pas cher ( 30 euros pour le menu le plus cher) ^^
Outre un tres bon cachet pour ce travail (que je tairai), je recois le titre de "traductrice interprete auditrice transcriptrice, chargee des bonnes relations entre le ministere de la justice francaise et la faculte de droit de l'universite Ryukoku, Kyoto, Japon"
Je crois que ca fera joli sur mon CV :D
Outre un tres bon cachet pour ce travail (que je tairai), je recois le titre de "traductrice interprete auditrice transcriptrice, chargee des bonnes relations entre le ministere de la justice francaise et la faculte de droit de l'universite Ryukoku, Kyoto, Japon"
Je crois que ca fera joli sur mon CV :D
Catégorie :
Japon
