mercredi 17 novembre 2004
I just don't know what to do with myself
Le fait est que je suis un peu perdue. Au bout de deux ans et des petites poussieres d'etudes, il serait temps que je me decide. Recapitulons les forces en presence:
A ma droite, la sociolinguistique, plus interessante que jamais, surtout dans un pays comme celui-ci. Petit rappel, la sociolinguistique consiste a decouvrir une culture du point de vue linguistique, et a chercher les implications sociologiques de son langage.
Point noir numero un : je n'ai jamais fait de sociologie de ma vie.
Point noir numero deux : le sujet a deja ete tellement aborde que je ne pourrais meme pas trouver matiere a une these.
A ma gauche, la grammaire japonaise. Tres interessante elle aussi, mais elle me depasse un peu. Beaucoup. J'ai l'impression de me trouver face un oeuf, lisse, clos. Impossible a ouvrir. Pas glop.
Ajouter a cela le fait que je ne parviens toujours pas a etre interessante quand je parle, alors si en plus c'est pour aborder quelque chose d'aussi complique et barbant (pour les autres) que la grammaire japonaise, c'est pas gagne.
Par contre, je peux essayer d'etudier a son sujet les moyens de l'enseigner. Par exemple en developpant des outils d'enseignements tels que dictionnaire elabores pour des francais, cahiers d'exercices valables des la premiere annee, etc.
Devant moi, autre chose. Sur le Japon, s'entend. Quoi exactement ? Une traduction du Kojiki ? Une etude de la mythologie, des religions, etc ? Interessant mais je crains de marcher sur les plates bandes de quelqu'un... A mediter toutefois.
Derriere moi, encore autre chose mais sans le Japon cette fois. Un genre de grand retour en arriere en lettres modernes, sans doute, puisque c'est mon domaine de base. Cela etant, revenir a zero apres trois ans de travail acharne me ferait mal au coeur.
Alors je pose la question : comment vient le declic ? Comment des gens pourtant normaux a la base parviennent a decider de sauver le monde (enfin, le Japon) ? Est-ce que moi aussi je vais finir par trouver ma voie ? Non parce que la ca commence a devenir pressant, dans la mesure ou j'entre en theorie en premiere annee de mastere l'an prochain, et si je veux trouver des documents, c'est ici que ca sera le plus facile...
Dites vous que je me pose la question a chaque instant de la journee, vous aurez une idee de l'etat de stress ou je suis depuis mon arrivee ici, et meme avant.
jeudi 11 novembre 2004
La cérémonie du thé
Il y a maintenant un mois, j'ai eu l'honneur d'assister à une cérémonie du thé. Je dis honneur, parce qu'il n'est pas donné à tout le monde de compter ce raffinement parmi ses premières expériences japonaises.
Je regrette de ne pouvoir ici proposer qu'une description très froide de ce que j'ai vu et fait, mais après avoir retourné le problème dans tous les sens, je ne vois pas comment faire autrement v_v
Tout d'abord, un peu d'histoire et d'explications:
La cérémonie du thé (ou sadô en japonais) est un rituel japonais qui accompagne la consommation du thé, codifié à partir du XVème siècle dans l'esprit du bouddhisme zen, sous le shogunat de Toyotomi Hideyoshi (1536 – 1598), guerrier cultivé (seul shogun à s'être intéressé à la culture). Cette cérémonie peut se dérouler suivant deux modes de récéption bien distincts, l'un correspondant à la cérémonie du "thé léger", l'autre à la cérémonie du "thé fort". Les rites qui accompagnent cette dernière obéissent à des règles bcp plus strictes et complexes que celles commandées par le cérémonial du thé léger.
La cérémonie à laquelle j'ai participé était celle du thé léger (ce qui m'épargna trois longues heures à passer assise dans une position très inconfortable et douloureuse).
Le maître du thé qui nous recevait ce jour était une amie de notre professeur. Elle était vêtue d'un kimono d'automne vert pâle, et son obi bleu marine était couvert de motifs de feuilles d'érable blancs. Avant la cérémonie, elle nous offrit des pâtisseries, destinées à rehausser le goût du thé, dans des bols qui évoquent la saison.
La cérémonie se déroule dans une pièce appelée salle du thé. Le sol est en tatami et la pièce comporte un tokonoma, alcôve dans laquelle on place une calligraphie et un arrangement floral qui évoquent la saison.
On passe par le jardin pour entrer dans la salle du thé, par une toute petite ouverture dans le mur qui ne permet d'entrer que courbé, en signe d'humilité (en raison de notre trop grande taille, MadHatter et moi-même avons du passer par la porte normale ^^; ). Dans le jardin, les invités puisent à l'aide d'une louche en bois un peu d'eau contenue au creux d'une pierre pour se laver les mains et se rincer la bouche en signe de purification.
Le maître du thé commence par apporter tous les ustensiles (elle entre dans la salle du thé à pas lents). A son entrée dans la pièce, on la salue, et on salue les autres en s’inclinant. Il paraît que je fais ça comme une japonaise et que ça mériterai une photo. La prof en était morte de rire (sigh).
Avec la serviette orange, le maître du thé essuie la spatule, puis ouvre le bol d'eau chaude et pose la louche sur son rebord. Puis, elle prend le bol, le rince à l'aide de la louche et verse l'eau "sale" dans le pot prévu à cet effet. Elle verse de l'eau dans le bol, puis le thé, les mélange et tourne deux fois le bol vers la gauche dans sa main. Enfin, elle pose le bol à terre, qui passe de main en main jusqu'à celui à qui il est destiné (chacun boit à tour de rôle).
Lorsqu'on a le bol devant soi, il faut "s'excuser" auprès du suivant de boire avant lui en disant "osaki ni itadakimasu". On prend le bol à deux main : le bol est dans la main gauche et on le tient avec la main droite. On tourne deux fois le bol dans le sens des aiguilles d'une montre, et on boit le thé (ma cha mousseux au goût amer, mais délicieux et beaucoup moins fort que le thé habituellement servi au Japon) en gardant les mains dans la même position. On repose le bol, et on remercie : "gochi sô sama deshita".
La cérémonie se termine lorsque le dernier invité a bu et que le maître a remporté les ustensiles. Pour sortir de la pièce, on emprunte une porte classique.
Même si elle n’a pas duré longtemps , la cérémonie du thé léger m’a apporté beaucoup de quiètude.
Malheureusement, ces explications très froides ne peuvent rendre le sentiment de sérénité qui vous pénètre pendant cette cérémonie, car les gestes sont très lents, les invités parlent à voix basse, et la pièce elle-même inspire un grand apaisement. C'est pourquoi j'ai été vraiment très heureuse de pouvoir prendre part à ce rituel, outre le fait de toucher ce qui me semble un monument de la culture japonaise.
mercredi 10 novembre 2004
Des photos !
La raison pour laquelle je ne pourrai plus retourner a la poste de mon quartier avant un bon moment,
Une grande interrogation, Et ce que je prefere dans ce magnifique pays :)
Edit : redimensionnées, c'est mieux, non ? Allez, un bonus :

mardi 9 novembre 2004
Le Japon que je n'aime pas
I suppose it had to happen, this is after all a fairly conservative place. Social innovation isn't a high priority in Japan. One of my students told me how a friend of hers working for JR (the national Rail company) was dismissed when she became pregnant. I was fairly shocked one assumes that the modernist exterior of this place would be reflected in the legal system but it appears not.
Capital punishment is still legal here. In fact when the time comes to execute a prisoner he/she isn't told until the morning of execution and family and lawyers don't get to know until after the state has had its revenge. By any civilized standard that's pretty dire I'd have thought. I worked some overtime at another branch today, my last student asked for help with her college homework. Happy for a change I agreed, it turned out my task was to be the creation of a coherent argument in favour of state sanctioned murder. She had a few ideas that she had written down. I suppose if I had been a higher being (or less worried about losing my income source) I'd have told her why she was so wrong, sadly I'm not so I helped her make sense of her barbaric impulses. Probably the wrong thing to do.
lundi 8 novembre 2004
En Vrac
Le design de mon site prefere est encore plus beau !
C'est promis je vais le faire :
- un message sur le jidai matsuri
- un message sur la ceremonie du the
- un message sur le palais imperial de Kyoto
Un apercu en anglais de la jolie ville ou j'habite.
Bientot, sur ce blog...
jeudi 4 novembre 2004
Glop glop
Objectif du week-end : mettre à jour mes cours de bouddhisme et rattraper mon retard en grammaire. Trouver une paire de bottes pas chère. C'est pas gagné v_v
Edit : J'avais raison, c'etait pas gagne v_v Apres avoir fouille tout shijo, la seule paire convenable que j'ai trouvee depassait largement mon budget. Kobe, paradis de la chaussure, me voici !
lundi 1 novembre 2004
Les objets qui me veulent du mal
Le plus vicieux de tous. Alors que mon réveil français me sortait gentimment des bras de Morphée par un morceau de Placebo (les jours fastes) ou de Mark Knopfler (les jours néfastes - désolée pour les fans mais je n'aime pas Dire Straits), mon réveil japonais me signale qu'il est l'heure de me lever par toute une série de "bip bip" très énervants. Rien que de me signaler qu'il est l'heure de sortir du fin fond de mon lit chaud et douillet relève de la barbarie la plus totale. Et quand je lui renvoie des regards de haine profonde en réponse à son acte de malveillance (car il est très malveillant de me réveiller le matin), il feint l'indifférence. Mais je ne me laisse pas abuser, et je sais très bien que, lorsque j'ai quitté ma chambre et que mon réveil se retrouve seul dans mon royaume déserté, son rire démoniaque retentit à travers les murs de la résidence (un truc du genre MouhaHAHAHAHAHA !!... Si si j'en suis sûre).
Les Meubles de ma Chambre
Et ceux de celle des autres quand ils se mettent en travers de mes pieds dans l'espoir sournois que je m'y cogne le petit orteil. Même quand je me balade en chaussettes.
Le Loquet de la Porte des Toilettes des Filles
Qui ressort légèrement de la porte et contre lequel je me cogne systématiquement la hanche en sortant. A la fin de la semaine, un magnifique bleu vient saluer cet exploit, accompagné de celui à l'épaule que m'a fait le grand frère du loquet, à savoir le battant de la porte d'entrée de la résidence (ohayô gozaimAÏEtchgnrkstfr !!!).
Le Devoir pour Demain
Qui parvient vicieusement à se faire oublier sur la table de mon compagnon de devoir, ce dont je ne me rends compte bien sûr qu'au moment d'aller me coucher, quand le compagnon en question est déjà endormi depuis longtemps. Systématique.
La Clé de la Porte de la Douche des Filles
Que je me rends compte avoir oublié dans ma chambre au moment où je tente de tourner la poignée de la porte de la douche des filles. quatre étages à remonter et à redescendre.
La Gomme
Que je n'avais pas pendant l'interrogation écrite du lundi. Ce n'est pas encore arrivé mais j'anticipe.
