Voilà bien longtemps que j'aurais du écrire ce message, mais un énorme poil dans la main m'a poussée à n'en rien faire pendant tout ce temps. Toutes mes excuses, donc, à tous ceux qui trépignaient d'impatience depuis un mois.
Je suis bien rentrée après un long, très long, très très long voyage de dix mille kilomètres me ramenant vers la mère patrie. Le départ fut difficile, d'une part parce qu'il a fallu tout empaqueter et renvoyer en France, et que ça nous a couté une petite fortune, d'autre part parce que quitter sa maison, sa famille (ce qu'était devenu pour moi mes colocataires, du moins mes amis dans le tas) est tout de même très dur. On avait donc à l'aéroport une occidentale en sweat et six tee-shirts (par quarante degrés à l'extérieur), un chapeau de paille sur la tête (plus de place dans la valise) et une écharpe de l'équipe de foot du Japon autour du cou (idem) en train de sangloter frénétiquement. Les Japonais ont dû s'interroger longuement.
Je suis partie avec la Lufthansa, qui a des cours de confort à prendre avec JapanAirlines, si vous voulez mon avis. Je me suis donc royalement ennuyée, ne pouvant même pas bien dormir, vu l'inconfort des sièges de l'avion, qui vous maintient dans une position courbée très fatiguante qui n'a rien à envier aux sièges du métro lyonnais. Et puis, enfin, l'aéroport de Frankfort pointa le bout de son nez. L'arrivée fut un gros choc : c'était la première fois que j'entendais parler une autre langue que le japonais dans un lieu public depuis un an ! Le contact avec les autochtones ne s'est pas très bien passé : les agents de l'aviation allemande sont parmi les gens les plus malpolis que je connaisse è_é extrait choisi :
Aurore : *passe dessous le détecteur de métal*
La Dame de la Lufthansa : Ohé ! Vous m'écoutez ? (suit une liste d'ordres)
Aurore : *blink blink* (mais mais mais ??)
Bref, un "séjour" désagréable d'heureusement seulement une heure.
Enfin, je suis arrivée en France. Et c'était magique : tout le monde autour de moi paralait français o_O je ne pouvais même pas dire du mal des gens dans leur dos >_< Ensuite, les surprises ont continué : Séverine était venu me chercher à l'aéroport, toute seule comme une grande dans sa voiture, puis Fanny, puis ma mère (qui avait rajeunie, je vous montrerai des photos) puis mon père, puis... Non c'est tout. Et là, j'ai redécouvert la vie française. Déjà, le choc, y'a pas un asiatique (où alors ils sont bien cachés. Où pire, ls sont français. Ah les traîtres !). Ensuite, c'est écrit en français, tout partout. Enfin, le filet-o-fish de McDonald n'a pas un goût de vomi. J'allais de surpris en surprise.
Le dimanche soir même, le téléphone n'a pas arrêté de sonner. Du coup, Séverine a du repartir alors que j'avais à peine eu le temps de lui glisser quelques mots, et Fanny restée pour le repas ne m'a pas vu de la soirée. Les choses ne se sont pas vraiment calmées les jours suivant. D'autant que j'ai été prise d'un frénésie de rangement de ma chambre (non ! Si si !), qui ne ressemble plus du tout à ce que vous avez connu (pour ceux qui l'ont connue). Et enfin je me suis remise au travail, i.e les révisions des cours.
Le choc culturel ne se fait pas trop sentir pour le moment, à part un gros détail : qu'est-ce que les vendeurs français sont malpolis ! A peine un bonjour, merci, au-revoir, et ta soeur ça va, bien et le petit dernier, bref, rien. Ensuite, le sourire ils connaissent pas. Ils doivent les leur retirer à l'entrée du magasin, et ne leur rendre que le soir après la fermeture. De plus ils n'ont jamais le temps :
Aurore : Excusez-moi...
Le Vendeur : J'ai pas le temps voyez avec mon collègue
Aurore : ... ^^;
Enfin, ils sont toujours débordés : "pff oh la la, y'a trop de monde !"... Excusez-moi de venir faire mes courses dans votre magasins, hein !
Et puis, pire que tout, il y a ceux qui vous tutoient, pour faire une ambiance d'jeunz, qu'ils disent. Et ceux-là, je les giflerais volontiers è_é
A part tout ça rien de bien neuf, à part que j'ai froid (c'est quoi ce pays où il fait 12°C en été ?), que je me sens apatride (c'est fatiguant de s'entendre appeler tour à tour "l'étrangère", puis "la japonaise". En tous cas ça me crispe v_v), et que je viens de choper un rhume. Par contre, pas de problème du côté du décalage horaire, vu que je n'ai dû dormir que six heures maxi la semaine précédent mon retour, j'étais de toutes façons trop crevée pour me rendre compte de l'heure v_v
