jeudi 7 octobre 2004

Welcome in Japan

Les deux premiers jours, j'ai été très déçue par le pays, et ça fait très mal au cœur. On devrait nous y envoyer dès la première année, histoire qu'on soit bien dégoûtés, ça nous économiserais du temps et de l'énergie.

Le Japon, je l'imaginais un peu comme tout le monde, un savant mélange de tradition et de modernité, où la beauté se croise à chaque coin de rue…

Que nenni ! J'ai vite déchanté.

Premièrement, le Japon est un pays pollué : en centre ville, on tousse ou on se balade avec un masque. La pollution la plus présente est encore la pollution sonore, puisque chaque magasin a sa petite musique d'accueil, qui n'a rien à voir avec les musiques d'ascenseurs que nous connaissons bien. Ici, on vous hurle dans les oreilles que vous avez fait le bon choix, qu'ici c'est pas cher, et bon sang ! donnez nous votre fric et souvenez vous bien du nom du magasin histoire de revenir régulièrement y faire vos courses. La palme d'or dans cette catégorie revient au magasin Daiei, qui diffuse simultanément trois musiques bien pénibles : la musique du magasin, la musique de l'alimentaire, et la musique de la viande ^^# Une mention honorable toutefois pour le 99¥ shop, dont la chanson est régulièrement reprise en cœur par tous les étudiants étrangers :)

Ensuite, pour ce qui est de la tradition, il tout de même fouiller pour la trouver, dans la mesure où ce n'est pas ce qui frappe les yeux autour de soi. La première fois, j'ai dû être très aimablement guidée jusqu'à elle par David, qui nous a emmenés jusqu'au Gion, quartier des plaisirs Kyôtoïte, ainsi que dans un magnifique temple (d'ailleurs si tu passes sur cette page, merci à toi de me rappeler le nom du temple et le chemin pour y aller :D) où se déploient les branches d'un superbe cerisier, que mon appareil photo frémit d'impatience de photographier à la floraison.

Au centre de Kyôto, effectivement, la tradition et la modernité se côtoient, puisque qu'on croise parfois un temple entre les boutiques, ce qui surprend agréablement. Parfois, les échoppes se sont même construites autour du temple, ce qui donne une impression de pause dans l'espace.

C'est désagréable à dire mais je suis tout de même restée deux bonnes semaines à me demander "mais qu'est-ce que je fais ici ?", et si je n'avais pas raté toute ma vie jusqu'ici en étudiant un domaine que je n'appréciais finalement pas au point de m'y spécialiser. A cela une explication : il est assez frustrant de tomber dans un pays qui ne ressemble absolument pas à l'idée qu'on s'en faisait, dont les habitants vous font clairement comprendre que vous n'êtes pas le bienvenu et dont vous ne comprenez pas la langue (l'oral n'a jamais été mon fort). Si en plus vous vous retrouvez, après deux ans d'études, à réétudier vos bases de première année, il y a de quoi déprimer.

Curieusement, depuis mardi 28, ça va mieux. On a commencé la grammaire proprement dite, et je me sens plus "chez moi". J'ai un peu plus de motivation, et je me dis qu'au final, je n'ai qu'à avancer sans trop réfléchir, jusqu'ici ça ne m'a jamais porté malheur.

J'avais déjà eu une période de doute semblable en fin de terminale, au moment de l'orientation en fac, et je "gambergeais" pas mal en me demandant si mon choix était le bon. On m'a répondu que non, ce n'était pas le bon, mais vu que c'était trop tard… Et une fois en fac, j'allais mieux, et j'étais sûre de moi.

Cette fois c'est un peu comme jouer à pile ou face, parce que c'est trop tard de toute façon pour revenir en arrière. Alors on verra bien…

Mon chez-moi est petit mais confortable. Le loyer n'est vraiment pas cher. J'aime bien vivre ici.

J'ai changé mon ordinateur de place, il est passé de la table basse au bureau. Ce n'est pas très agréable. Je suis gênée par la chaise, les tiroirs, le manque de place. Et ma souris est sale. Ca y est je recommence à me plaindre.

La vaisselle attend gentiment le moment où je me déciderai enfin à la laver, mais comme elle ne date que de ce matin, que j'ai des cours, des courses, des courriers et une sieste en retard, elle attendra encore un peu.

Dehors, le chantier est un peu bruyant, ça me déconcentre. En face de moi, mon poster de kanji, qui me re-concentre. François Pérusse en fond sonore n'est pas non plus la meilleure façon d'étudier.

Pour faire plaisir à quelqu'un-à-qui-je-sais-que-ça-fera-plaisir, j'ai obtenu la note maximale au devoir de kanji :) Le reste cumulé me vaudra surement un A, et je vais sans doute repasser les tests d'entrée pour atteindre le niveau trois, quitte à travailler encore plus dur, car en ce moment, j'ai l'impression d'avoir redoublé ma deuxième année. Et je n'aime pas ça.

Mon adresse au Japon :

Miss Aurora Bertin

Room 404 Ryukoku Kaikan
2-95 Nishiura-cho
Fukakusa, Fushimi-ku
Kyoto 612-0029
 
Mon adresse sur le net :

bertin_aurore(a)yahoo.fr (remarque n°1 : remplacez (a) par @ remarque n°2 : et oui, ça a encore changé ^^)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

waouh! plein de truc à lire, c'est cool!
ne t'inquiète pas si tu as du mal avec ce pays, on m'avait déjà dit que c'était laid, mais peut-être qu'avec le temps tu finiras par trouver du charme à tout ce fatra;)!
Une question: est-ce que si l'on t'écrit à l'adresse indiquée en romanji on a une chance que la lettre t'arrive? je n'y crois pas trop, mais on ne sait jamais...
Sinon, ce message est posté en "anoymous" parce que je n'ai pas réussi à, comment dire? à le "signer". je sais, j'ai deux mains gauches et pas de cerveau... Mais je viens à peine de rentrer de la planète Mars (mes oraux se sont plutôt bien passés, mais je ne peux rien dire pour l'instant), ceci expliquant donc cela...
Sur ce, je te fais de gros zibous et je te souhaite beaucoup de courage. je suis de tout coeur avec toi!
Bizbille

Sarali a dit…

Alors : pour signer tu as utiliser une très bonne manière. Ensuite, tu peux écrire l'adresse en lettre latine; elle arrivera (je vous aurais pas fait le coup de l'écrire en kanji ^^;)

Anonyme a dit…

Un peu bougon ta vision du Japon, non ?

Je vis aussi a Kyoto, c'est une tres belle ville, calme et tres propre et les gens y sont tres acceillants.

Je crois comprendre que tu viens de Lyon, je n'ais pas eu le plaisir de visiter cette ville, c'est peut-etre un cas a part, car il me semble que dans la plupart des grandes villes Francaises il est rare de trouver un trotoirre ou il n'y a pas de crottes de chien ou des murs sans grafitit.

Je ne sais pas si les magazins sont plus bruyant, j'ai achetez le CD du 99Y shop ;), mais en tout cas le service y est exceptionel, on est toujours acceillit avec le sourrire et remercier a la sortie et ceci meme quand on achete rien !

Bref, il te faut encore un peu de temps pour perdre cette habite si francaise de tout critiquer, tu verras ca irra bien mieux apres...

caplanepourmoi@hotmail.com